16 octobre 2008
Le kraken et sa chevalière
Sa main molle, flaque d'huile rance, se projette lentement vers mon abdomen, cherchant une réponse de ma main droite. Je ne le connais pas, mais déjà, je ne l'aime pas. Je regarde le mollusque qu'il me présente, le juge comme un animal nuisible dont le contact nuirait sans aucun doute à mon intégrité physique. Je vois cette chevalière accaparer la lumière ambiante avec des lettres en joyaux, je scrute les doigts bouffis qu'il a habillé d'une bague en 36, alors qu'il fait du 46/48, la chair boursouflée recouvre une partie des initiales, et je me sens comme ce bijou, en train d'étouffer. Je ne le connais pas, mais déjà, je ne veux pas le connaître.
Tout ça n'a duré qu'une infinité de temps pendant laquelle je ne me suis pas encore poser la question de savoir si la bienséance prendrait le pas sur la répulsion. Je m'accorde encore quelques infinités pour remonter le long du bras vers le visage de cet intrus qui se permet d'investir le mètre vingt de circonférence d'espace vital que je protège continuellement depuis ma prise de conscience du risque de côtoiement de l'humain. Si sa main est un mollusque, son visage est un kraken. La lumière du néon central réfléchi par la partie exposée de la chevalière illumine maintenant ses yeux. Je m'aperçois alors que sa notion du temps n'est pas la même que la mienne et que l'impatience et l'injure se dessinent en fines gouttelettes sur ses cernes qu'il tente d'atténuer par des cosmétiques vraisemblablement hors de prix. Je ne le connais pas, mais déjà, j'ai envie de fuir.
La sueur du calmar géant prend de l'ampleur, comme si il cherchait à reconstruire son habitat naturel. L'eau salée menace de remplir cette salle habillée de cuir et de luxe. Je ne demanderais que ça, transformer ce malsain écrin, mais je sais que dans son milieu aquatique, je n'aurai pas le dessus. Je ne le connais pas, mais déjà, je n'ai pas le goût de partager son univers. Raclements de gorges, puis une poussée de quelqu'un ou de quelque chose sur mon coude droit, expédie ma main vers la sienne. L'éponge se referme avidement, me secouant de haut en bas plusieurs fois, les yeux se plissent, la sueur sèche instantanément, la lumière se rallume, le contact est validé.
Il se présente, nom, prénom, qualité...
Je m'annonce, nom, prénom .
Les rires gras, soulagés de cet incident évité in extrémis, fusent, trop forts, incongrus. Les battements de mon coeur recouvrent rapidement les autres sons et bruits environnants. Je tremble, fléchis et me sauve.
La tête entre les mains, je me regarde, je cherche à me comprendre et ne me comprend pas.
Qui était cet homme ? que me voulait-il ? Pourquoi suis-je couché dans ce cercueil ?
Allez, à trois, je me lève...
14 octobre 2008
Le stand de tir
Jean moulant noir, chemise blanche échancrée sur sa poitrine velue, Gucci dernier modèle aux pieds, montre et médaillon en or. Il entre dans la boîte de nuit. Son type méditerranéen tranche avec la blancheur de sa chemise et les lumières semblent se projeter sur lui quand il s'impose au milieu de la piste. Il effectue une série de déhanchés savamment étudiés pendant quelques minutes, suffisamment pour attirer l'attention sans pour autant déclencher la transpiration qui mettrait à mal tous ses préparatifs de prédateur nocturne. Maintenant, direction le bar pour un get 27 on the rock, qui est un bon compromis entre le verre de soda qui fait ridicule et l'alcool fort qui fait chanceler. Un chasseur doit toujours avoir l'esprit clair et l'oeil expert. Une étude minutieuse de 180°, de gauche à droite du comptoir, lui permet de se faire tout d'abord une idée assez précise du gibier en place. Il cherche le bon arbitrage entre ce qu'il est capable d'attraper et ce qui est indigne pour lui d'honorer. Plusieurs choix sont possibles encore ce soir. Il entame sa première étape qui consiste à s'approcher, contre le bruit, de sa première victime potentielle, qui est rarement la proie qu'il ramène chez lui, en prenant son air indifférent, sa démarche féline, et son regard de braise qui, il le sait, reste son atout majeur.
Elle est blonde par choix, sirote un coca light parce que les bourrelets arrivent plus vite que les racines brunes de sa chevelure, porte une mini-jupe qui laisse apercevoir le piercing de son nombril, et des faux cils qui ont repérés le chasseur , malgré toutes ses précautions, pour lancer des harpons vers les bijoux en or. Le prédateur est devenu proie sans qu'un seul de ses cheveux géléifiés "extrême-béton" ne le mettent en garde.
La suite se passe comme prévue pour tous les deux, chacun croyant être le dominant enserrant le collet sur le collier de l'autre. C'est pourtant chez elle et pas chez lui que la soirée se termine, l'une y voit une victoire, l'autre ne voit pas d'inconvénients. Ils rentrent dans la chambre, se bousculant tout en se collant. Il a juste le temps d'apercevoir tout au long des murs, des centaines de peluches de nounours bien rangées, des petites collées sur les étagères du bas, des moyennes sur celles du milieu et des énormes oursons sur les supports du haut. Il est d'abord surpris par cette profusion anormale de ces objets enfantins dans une chambre d'une femme de cette classe, mais le temps est à autre chose qu'aux questions. Les habits s'évadent par des doigts entraînés à passer plus de temps à s'habiller pour plaire qu'à dévêtir pour la chair. Le moment qui suit est intense, et les corps bodybuildés habitués aux efforts sans fatigue se mélangent.
Maintenant, ils soufflent en fumant des king size filtres, les regards tournés vers leurs égo respectifs, chacun estimant avoir été sublimes et inoubliables. Une fois ces profondes introspections accomplies, l'homme se tourne vers la femme et prononce ces magnifiques mots qui furent sans aucun doute les premiers prononcés par Adam une fois la pomme sautée.
"Alors, c'était bon ?"
La femme écrasa sa cigarette dans le cendrier en forme de vagin posé sur la table de nuit et répondit.
"M'ouais, tu peux prendre un lot sur l'étagère du bas"
12 octobre 2008
L'écumoire suicidaire
Comment pourrais-je vous parler de ce que représente la crise économique pour moi ?
Elle s’affiche en toutes lettres, avec des mots terroristes qui effraient les pauvres gens, récession, inflation, crack boursier...
Il y a moins de quatre vingts ans, beaucoup avaient la classe de se jeter par les fenêtres pour accomplir des prouesses sous formes de salto avants, arrières, pirouettes et éclabousser les esclaves qui applaudissaient et notaient les figures. Je les imagine avec des pancartes chiffrées de 0 à 10 pour déterminer le vainqueur posthume de telle ou telle banque.
Aujourd’hui, même les esclaves sont conditionnés pour avoir la peur de perdre ce qu’il n’ont pas. Il ne faut surtout pas leurs expliquer que le bien ne leurs appartiendra qu’à la fin du crédit. Avant, il appartient aux actionnaires des établissements financiers, après, il est trop vieux pour avoir de la valeur.
Aujourd’hui, les riches ne sautent plus par les fenêtres, ils laissent pourrir la situation pour ré-investir à bas coût dans les sociétés aux déclins illusoires, en attendant que les gouvernements endettent les citoyens pour permettre aux investisseurs charognards de s’en mettre pleins les fouilles.
Comment pourrais-je vous parler de ce que représente la crise économique pour moi ?
Prenons comme exemple cet écumoire, qui est posé sur la table de jardin d’où je tapote ces quelques mots. Bon, me direz vous, ou ne me direz vous pas (mais je m’en fiche, je vais faire comme si vous me direz tous), que fait ce truc destiné à la cuisine sur une table d’extérieur ?
Ce à quoi je répondrai, j’avais un grand besoin d’écumer dehors.
Mais revenons à cet ustensile. Et bien, cet écumoire négligemment oublié et ridicule loin de son territoire, représente pour moi, autant que ce que l’indice du CAC 40 signifie pour un hamster cocaïnomane qui découvre que sa roue n’est autre qu’un vortex qui le relie à la chambre des députés de la Bolivie..
Et bien, chers lecteurs, la crise économique actuelle ne me perturbe pas plus que cette louche trouée. Et, n’étant pas aussi évolué qu’un rongeur dénaturalisé demandant la nationalité bolivienne, je me découvre un exutoire farouche à l’écumage sauvage de mes neurones atones.
Fidèles et occasionnels lecteurs, la peur est à la crise économique ce que la grippe aviaire est à la politique, un masque qui permet au pouvoir de s’accroître et aux esclaves d’adhérer.
la pandémie de naguère fut un leurre et la gamelle financière d’aujourd’hui un moyen de museler le tiers-monde qui a atteint jusqu’à nos ustensiles de cuisine.
Tout est artificiel et programmé, comme un jeu vidéo dans lequel nous ne sommes que des pixels.
11 octobre 2008
Haider, deux doigts coupe faim... au fait, où sont mes doigts ?
Autriche : le chef de l'extrême droite Jörg Haider se tue dans un accident
On a beau dire ce qu'on veut sur le code la route, mais, je trouve que les priorités à droite, ça a du bon !
J'encourage vivement tous les membres de ce parti à prendre la voiture pour se rendre à l'enterrement.
09 octobre 2008
Le marcheur
La ville est sa demeure, chaque quartier une pièce de sa maison et chaque poubelle, un meuble. Il marche, de pièces en pièces, jour et nuit, ayant pour principal activité la fouille minutieuse de son mobilier.
Les couloirs de bus longent ses chambres numérotées aux vitrines placardées de publicité, les porches des ruelles sont autant de toilettes. Son toit fuit à chaque pluie, mais il n’en a cure, les averses transforment l’endroit où il se tient en immense salle de bain. Les chaleurs d’été le cuisent sans concession, mais il ne montre aucune gène, il savoure un sauna à l’échelle d’un petit désert. Le froid de l’hiver le transperce avec violence, mais il supporte les coups de poignard, il est explorateur d’une banquise dont les autres ombres sont des pingouins.
Il porte comme seule peau un long manteau qui devait être vert à l’origine du temps. Manteau tantôt d’été, comme un maillot de bain laissant s’infiltrer la fraîcheur. Manteau tantôt d’hiver, comme une parka interdisant les agressions charnelles. Manteau tantôt léger, comme une fougère synthétique rejetant de l’oxygène.
Il est greffé à une hotte assortie à sa peau olivâtre, qui contient ses trésors. Sa télévision, sa voiture, son réfrigérateur sont des boîtes jetées en vrac et qui brinquebalent contre ses omoplates. Notre superflus est son essentiel et notre primordial lui reste inconnu.
Il ne s’arrête longtemps que devant chacun de ses meubles, pour ranger les excès de son sac et récupérer ses besoins. Si on reste discret, il nous laisse le droit d’assister, de loin, à ses protocoles d’échanges. On le voit vider sa besace de billets de banque offerts par les pingouins pensant que ceux-ci avaient de la valeur pour lui. On le voit récupérer de l’aluminium enveloppant des restes de nourriture jetés par des ventres trop pleins. On ne sait pas si il achète les déchets par peur de les voler, ou si il considère que ces papiers illustrés de ponts et de chiffres ont moins de valeur que celui qui est argenté. Mais pour lui, l’échange est valable, les poubelles se gavent d’argent indigeste, et son sac thésaurise de l’énergie pour continuer d’avancer.
Le seul contact qu’il établit avec les autochtones se fait subrepticement, il consiste à se planter devant vous, les yeux fixés sur votre menton, et à poser l’index et le majeur légèrement écartés devant ses lèvres masquées par sa barbe rigide. On comprend vite qu’il a besoin de charbon pour continuer son errance dans son immense résidence. Alors, celui qui a ce carburant, ne manque jamais de lui donner une cigarette. Il l’a met sur son oreille droite, par pudeur de fumer chez lui en présence d’autres personnes, et se retire sans un mot.
Tous ceux qui osent le voir et savent le regarder derrière la crasse, le connaissent comme le marcheur. Il est dit en ville que le peu de temps où il s’assoit, la mort court vers lui et qu’elle peut vous attraper au passage. Alors, les yeux se détournent quand un banc est occupé par une personne pouvant être lui, pour le suivre longtemps quand il déambule devant vous.
Il se dit aussi que la ville s’éteindra avec lui.
06 octobre 2008
Conteur funèbre
Dans les chaleurs moites des caveaux abandonnés, nos aïeuls s’ennuient à mourir. Le rêve est la seule vie autorisée, la seule distraction efficace, l’unique récréation réparatrice.
Dans le froid persistant des fosses communes, nos anciens soupirent jusqu’à l’étouffement. Ils comptent leurs os, ceux de leurs voisins, et même si ils n’arrivent jamais aux mêmes nombres, ils s’impatientent de nouvelles activités, de nouveaux faits divers dans cet hiver permanent.
On s’imagine une paix éternelle, une sagesse de l’omniscience, une apaisement sans parasites. On se plaît à croire que, pour eux, le pire est enfin terminé et que les épreuves les laisseront dans la quiétude que nous aspirons trouver enfin dans cette seule fatalité qui est commune à chacun.
Je sais qu’il n’en est rien, dans mes promenades inquiètes autours de leurs demeures, je peux les entendre me raconter l’ennui de l’éternité. Je peux discerner les murmures réclamants de nouveaux événements qui leur permettraient de s’ouvrir de nouveaux rêves, et tenir quelques instants de plus dans cette oisiveté irréparable.
Alors, le matin, j’épluche les journaux, blogs, magazines, et assemble des histoires, anecdotes, contes, chroniques, pour, le soir venu, partir de caveaux en tombes, de fosses en sépultures, narrer, raconter, et nourrir les gisants.
Des potins people pour certaines, des résultats sportifs pour d’autres, des analyses politiques ou économiques pour les suicidés des cracks boursiers ou victimes de certains régimes policiers.
Chaque mort de mon cimetière est ciblé et bénéficie d’un service adapté. Tel le responsable du Service Après Vente de La Camarde, je distribue du bien être et de la distraction aux martyrs de l’infini.
Trouvez votre cimetière, vos éternels et insatiables impatients, occupez les, en espérant que les jours où le temps aura épuisé vos rêves, il passera quelqu’un qui vous entendra et alimentera votre sempiternelle nuit.
05 octobre 2008
Cadeau de Tag
Cadeau de Martin....
Il m'a tagué !
Le règlement, c'est :
- Choisir 5 chansons qui vous ressemblent et dire pourquoi
- Faire une playlist des 5 titres
- Rajouter en sixième position "The Song" :
celle que vous-aimez-d'amour-que-plus-jamais-vous-ne-pourrez-vivre-sans !
- Et taguer 5 personnes de votre choix
1. Chapi Chapo bien sûr, toute mon enfance... http://fr.youtube.com/watch?v=f_oEovxpf8s
2. Santa esmeralda, une partie de mon adolescence...http://fr.youtube.com/watch?v=qfu3All-Yy4
3. H F Thiéfaine, une période obscure...http://fr.youtube.com/watch?v=G3cFkaqhD0I
4. The Doors, parce que... http://fr.youtube.com/watch?v=dbI5K0AzNHI
5. Axel Bauer et Zazie, pour la communication entre martiens et vénusiennes...http://fr.youtube.com/watch?v=IB-HdMudR3o
Et en 6. Monsieur Brel avec Orly pour ce chef d'oeuvre...http://fr.youtube.com/watch?v=Lb3dmpLaX1A
Bon, ça c'est fait, il ne me reste plus qu'à trouver 5 autres victimes pour poursuivre cette chaîne.
Avec toutes mes escuses présentées,
Balthazar et son équipe du MAMI
Blue jam et sa sensibilité
Michel Cornillon pour connaître ses goûts
Querelle et sa cravate talentueuse
Gaudeamus et sa magie des mots
Mais vous n'avez aucune obligation bien sûr...
04 octobre 2008
wesh Gros ! La baisse ?
"Qu'est-ce qui sépare l'homme de l'animal ?"
"La Méditerranée."
AHAHAHAHAHAHAHAHAHAH !
Trop fort Bouboule ! Je suis plié en deux pendant que tu restes allongé Bart. Je te revois, avec ton sourire ravageur, un gigot entre les doigts boudinés, un boudin entre les yeux qui gigotent et des fleurs qui essayent de pousser sur tes chemises. Je te revois, frémir sous tes immenses blagues, pudding coloré et poilu qui transpire la suffisance. Je t’imagine maintenant ne réclamant que des vers blancs pour honorer ton corps façonné par la pédopsychiatrie de bas de gamme, de bas grésil et de bas instincts.
Tes lunettes glissantes dignes de la cinquième paire gratuite d’Alain Lefilou, tes dents inadéquates imaginées sans doute par un ortho dentiste qui avait choisi option art déco, tes chemises trouvées dans les recoins oubliés d’un Antoine égaré sur un atoll ondulé.
J’essaye de me représenter l’ascenseur qui a eu le courage d’emporter ton surplus occidental fascisé vers la blancheur paradisiaque de ton ultime et éternelle scène. Pas de doute que tu fus accueilli par des anges chantant autours d’un feu de joie. Pas d’incertitude que les Saints aux cheveux blonds et aux cieux bleus furent enchantés de te recevoir, toi, le seigneur de l’humour que seuls des carambars possédants des rides sur le front national pourraient détrôner.
Depuis ta disparition Carl, je pars à la dérive, je vole, je viole, je tue, je torture, je convoite la femme de mon prochain. Je sais dieu magnanime, et je ne veux pas prendre le risque d’être pardonné et de me retrouver au milieu de ces anges aux cagoules pointues qui rigoleront éternellement à tes blagues.
Tous avec moi
Tirelipimpon sur le Chihuahua
Tirelipimpon avec la tête avec les bras
Tirelipimpon un coup en l'air un coup en bas
Touche mes castagnettes moi je touche à tes ananas !...
02 octobre 2008
L'antre de grand mère
Un vaisselier aux vitres fendues
Une horloge muette posée sur le marbre
Un pot de confiture de fraise au sommet
Un carton plié sous un pied.
Un canapé aux couleurs délavées
Quelques coussins qui sommeillent
Une tache d’un petit déjeuner qui transparaît
Des griffures de chats qui racontent la vie des accoudoirs.
Une table basse surélevée par nécessité
Des cendriers gavés de mégots de Gauloises tueuses
Un briquet sur socle usé par de trop nombreux coups de pouce
De la cendre partout éparpillée par un dernier souffle.
Un bahut patiné, fleuri de plastique et de dentelles
Une porte de gauche comme un album en bois de photographies sépias
Une autre à droite comme un classeur qui égrène les saisons noires et blanches
Au centre, la boîte aux trésors, nacre, plastique, fil et aiguilles
Des toiles structurées par des araignées ridées
De la poussière qui valse dans les violents rayons de pleine lune
Des silhouettes d’animaux qui s’ignorent sur le moisi des murs
Un fantôme qui tire les cartes, avec application, pour connaître son avenir.
29 septembre 2008
Was ist das diesen vasistas ?
Putain de fenêtre !
Oui, je sais, commencer un texte avec un gros mot nuit à la bienséance et rebute souvent les lecteurs. Surtout quand les mots qui suivent ne sont pas d’une grande attirance intellectuelle.
Une fenêtre…
Quoi de plus idiot qu’un rectangle vitré !
Moi, les fenêtre, elles m’énervent. Elles laissent entrer la lumière le matin quand les yeux vont en souffrir, alors qu’elles n’en trouvent jamais le soir quand le sombre s’installe pour préparer la venue du noir. Elles nous montrent la misère de l’extérieur et laisse la vue aux passants de notre médiocrité.
Moi, les fenêtres, elles m’irritent. Elles n’ont l’air de rien, mais ne montrent jamais la même chose. L’espace est plus grand d’un côté que de l’autre, et cet autre côté est celui où vous vivez.
D’où lui vient ce pouvoir réducteur de votre espace vital ?
Moi, les fenêtres, elles me font peur. Elles donnent une impression de calme, mais claquent toujours trop bruyamment quand le silence est requis. Elles laissent passer les bruits de la folie citadine pendant les meilleurs moments des plages publicitaires de TF1, alors qu’elles ne permettent pas aux pigeons asthmatiques de profiter des dernières nouveautés des couches protectrices pour les seniors ou des déodorants qui permettent de sentir bon après 48 heures de vie active sans se laver les aisselles.
Moi, les fenêtres, elles me frustrent. Elles sont toujours d’accord pour nous montrer le soleil au dessus des brouillards polluants de cette ville déjà morte, mais restent définitivement embuées quand la neige maquille enfin ces ruelles nécrosées pour les transformer en féeries blanches. Quand les rues se transforment en gigantesques rails de coke qui donnent envie de sniffer ces architectures odieuses.
Moi, les fenêtres, elles m’attirent. Elles ressentent mes aversions, elles jouent avec moi de mes énervements, irritations, peurs, frustrations qu’elles engendrent. Je les vois faire, s’agiter, se gondoler lors de mes passages devant elles. Comme des sirènes, elles m’appellent, grandes ouvertes, pour me dire de venir voir de l’autre côté si un nouveau monde n’avait pas fleuri.
« Viens » me disent-elles « Viens, saute, regarde par l’autre côté comment c’est chez toi »









