07 août 2011

Les rouleaux divins

PQ

 

Je suis un rouleau de papier hygiénique, je me déroule en absorbant les matières environnantes. Les draps fusionnent avec mes cheveux, l’oreiller qui s’impatientait par terre, est absorbé par mes pieds, le cendrier trouvera sa place directement dans mes poumons. Mes yeux se recouvrent inexorablement de cette lumière trop vive d’un soleil arrogant.

Je me satisferais volontiers de cet état, si mon cerveau, récalcitrant à ces associations, ne s’imposait à moi en m’insufflant ce leitmotiv ; tu es un rouleau de papier hygiénique, d’accord, mais es-tu un rouleau de papier-cul vierge ou as-tu déjà servi ?

Putain de cerveau ! Arrête ! Sinon, ce sera toi ou moi !

 

J’étais bien dans ce cylindre absorbant, j’avais la douceur des draps, le confort de l’oreiller, la chaleur du soleil et ma dose de nicotine. Pourquoi voudrais-tu que je ne me sente pas en grande quiétude dans ce confort que je pense mériter ?

Pourquoi as-tu ce reflexe catholique de m’imposer la souffrance et le manque ? As-tu, toi, la certitude que le paradis ne se mérite qu’avec les tourments des courtes vies ? Saurais-tu, toi, que le bonheur est un péché ? As-tu l’assurance des prophètes ? Les convictions des fervents ? La foi de Lui, de L’autre, et de Ceux qui arrivent ?

Parce qu’il va en arriver bien d’autres qui diront être en communication directe avec Lui ou l’Autre.

 

Moi, je suis en confidence avec un rouleau de papier-cul.

Pourquoi, serais-je inférieur à d’autres ?

Les rouleaux, qu’ils soient de la Tora, de la Bible, du Coran ou de tous rapports écrits religieux, ne sont en l’espèce qu’un bout de parchemin, de papier, de tissus qui ne serviront à rien d’autre qu’à nourrir une élite par la manipulation des versets.

 

Moi, je suis triple absorbant, je prends tout, je n’ai peur de rien, j’ai l’assurance de ne pas trouver de résistance, c’est marqué sur l’emballage.

 

Cerveau, tu restes mon seul ennemi avec tes inhibitions, tes conditionnements, tes formatages.

Je ne t’en veux pas drôle de bulbe, tu fonctionnes avec tes programmations. Mais ne me reproche pas non plus de rechercher le bouton « RESET »

 

Je reste conscient qu’il y a un conflit d’intérêt et une inexorabilité à perdre quand il faut jauger son ennemi et que c’est celui-ci qui te permet de juger, mais je me console en me disant, qu’après tout, je ne suis qu’un rouleau de papier absorbant et qu’il m’est totalement indifférent de ne pas gagner.

 

Cerveau, laisse moi juste quelques secondes d’absorption.

Après tout, à l’échelle de l’éternité, quelques secondes valent bien quelques vies.

 

Posté par polipoterne à 16:11 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Les rouleaux divins

    J'aime tes mots et leur relents doux-amers...Ca me fait bizarre de venir sur des blogs (découverts malgré moi grâce à mon jeu) dont j'ignorais l'existence et qui plus est où les gens parlent d'eux ! Je l'ai dit à Ella dont le blog est un journal intime, je ne sais pas si j'aurais ce courage de tout balancer ! Sous couvert de fiction peut-être...mais je ne suis qu'une plumitive du dimanche, pas une écrivaine, quoi que... en séparant le mot et en faisant un mauvais jeu de mots, on trouve écri-vaine ! Je sors

    Posté par Asphodèle, 07 août 2011 à 20:36 | | Répondre
  • Euh...dernière chose avant de m'éclipser : je trouve dommage que tu ne parles qu'à ton rouleau de Pcul ! Je suis sûre que ton cerveau qui te fait si mal abrite de beaux discours... et la culpabilité judéo-chrétienne nous emmerde assez comme ça pour ne pas se lâcher quand le souffle nous vient. A bientôt.

    Posté par Asphodèle, 07 août 2011 à 20:40 | | Répondre
  • Merci pour tes commentaires.

    Posté par polipoterne, 09 août 2011 à 19:30 | | Répondre
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