29 septembre 2008
Was ist das diesen vasistas ?
Putain de fenêtre !
Oui, je sais, commencer un texte avec un gros mot nuit à la bienséance et rebute souvent les lecteurs. Surtout quand les mots qui suivent ne sont pas d’une grande attirance intellectuelle.
Une fenêtre…
Quoi de plus idiot qu’un rectangle vitré !
Moi, les fenêtre, elles m’énervent. Elles laissent entrer la lumière le matin quand les yeux vont en souffrir, alors qu’elles n’en trouvent jamais le soir quand le sombre s’installe pour préparer la venue du noir. Elles nous montrent la misère de l’extérieur et laisse la vue aux passants de notre médiocrité.
Moi, les fenêtres, elles m’irritent. Elles n’ont l’air de rien, mais ne montrent jamais la même chose. L’espace est plus grand d’un côté que de l’autre, et cet autre côté est celui où vous vivez.
D’où lui vient ce pouvoir réducteur de votre espace vital ?
Moi, les fenêtres, elles me font peur. Elles donnent une impression de calme, mais claquent toujours trop bruyamment quand le silence est requis. Elles laissent passer les bruits de la folie citadine pendant les meilleurs moments des plages publicitaires de TF1, alors qu’elles ne permettent pas aux pigeons asthmatiques de profiter des dernières nouveautés des couches protectrices pour les seniors ou des déodorants qui permettent de sentir bon après 48 heures de vie active sans se laver les aisselles.
Moi, les fenêtres, elles me frustrent. Elles sont toujours d’accord pour nous montrer le soleil au dessus des brouillards polluants de cette ville déjà morte, mais restent définitivement embuées quand la neige maquille enfin ces ruelles nécrosées pour les transformer en féeries blanches. Quand les rues se transforment en gigantesques rails de coke qui donnent envie de sniffer ces architectures odieuses.
Moi, les fenêtres, elles m’attirent. Elles ressentent mes aversions, elles jouent avec moi de mes énervements, irritations, peurs, frustrations qu’elles engendrent. Je les vois faire, s’agiter, se gondoler lors de mes passages devant elles. Comme des sirènes, elles m’appellent, grandes ouvertes, pour me dire de venir voir de l’autre côté si un nouveau monde n’avait pas fleuri.
« Viens » me disent-elles « Viens, saute, regarde par l’autre côté comment c’est chez toi »
28 septembre 2008
Lettre à Dieu
Madame, Monsieur,
Permettez moi de vous écrire ce courrier pour vous faire part de certains dysfonctionnements concernant l’agencement de mon ADN.
Je reste conscient que le contrat prénatal, que nous avions signé de manière contradictoire, m’oblige à accomplir cette vie en me contentant des attributions initiales contenues dans le pack confort 3.1 choisit en toute compréhension.
Il peut-être constaté, néanmoins, quelques anomalies sous formes de lacunes qui perdurent alors que la notice indiquait les développements avant l’âge de quarante ans. Cette étape est maintenant atteinte depuis plusieurs années, et il est évident qu’en l’absence d’interventions de votre service technique, je me permettrai de rendre le contrat caduque et ferai intervenir mon droit de retrait de cette existence.
Je mène actuellement une vie correspondant au pack Cpagagné 1.4, qui correspond au bagage de base que votre agence commerciale mettait à disposition. Il est inadmissible que vous ne preniez pas en considération un client de mon niveau, qui aura investi un « capital foi » aussi important dans l‘achat du pack confort.
Je ne doute pas que votre entreprise ne risquerait pas sa réputation en subissant une procédure de litige via le médiateur officiel de la « Foi Protégée ».
En attente d’une réponse positive de votre part, sous forme d’améliorations notables et rapides de mon existence, je vous adresse Madame, Monsieur, mes respectueuses prières.
Polipoterne
26 septembre 2008
Il n’y a pas de raison que certains écrivent des poèmes et moi non plus
Ce texte s’intitule :
« Il n’y a pas de raison que certains écrivent des poèmes et moi non plus. »
- Le froid me tombait sur le paletot
Comme aurait dit l’autre exhumé,
Celui qu’on a sorti de son tombeau
Pour un énième test de paternité.
- La pluie me transperçait jusqu’aux os
Comme l'aurait chanté l’autre emplumé,
Celui qui dormait sur le dos
Depuis qu’on l’avait ré-enterré.
- La neige tombait de trop haut
Comme l’a fait l’autre bon français,
Celui qui croyait que la Monroe
Allait le sucer pour l’éternité.
- Des nuages où les sauterelles étaient épaisses du gigot
Comme aurait aimé l'être l’autre dégénéré,
Celui qui aurait préféré danser au Lido
Pour tripoter davantage de fessiers.
- Maintenant il tombe des bicyclettes
Comme il avait aimé les chevaucher,
Avec dessus ce dégingandé squelette
Sur les chemins de la petite Allégret.
- J’ai froid, je suis mouillé, ensevelit, grignoté
Comme l’est aussi l’autre désarticulé,
Et comme disait Simone la cocufiée,
Dans cette famille, on passe son temps à s’ignorer.
Mille milliards de mille sabords
Les six pirates somaliens du "Carré d'as" écroués à Paris
On ne parle pas de sanctions à l'encontre de ces gros bourgois qui étalent leurs richesses le long des côtes du tiers monde peuplées des côtes apparentes des affamés.
Pirates, flibustes et corsaires, je vous aimais petit, je vous adore maintenant.
23 septembre 2008
Un nain fini
Sentier à sens unique. Quelques bifurcations toujours à sens unique. Des bornes de sauvegarde bousillées qui balisent les chemins. Les poils qui poussent à chaque pas. Les artères qui se bouchent à chaque rasage. Même si je sais que le retour est impossible, je sème des nains régulièrement, au cas ou. Chaque nain garde avec lui un peu de moi, de la peur, un peu de courage, de la tristesse, un peu de joie, de la honte, un peu de fierté, des cauchemars, un peu de rêve, de la fatigue, un peu de vitalité, et beaucoup d'amour. Chaque nain perdu me fait un signe de la main, jusqu'à ce que les douleurs cervicales m'obligent à détourner la tête. Chaque nain qui me quitte a droit à sa dose de larmes, larmes de peine des pertes, larmes de joie des fardeaux ôtés. Chaque nain abandonné s'assoit sur le bord du chemin, et disparaît petit à petit quand les souvenirs de ce qu'il a emporté s'estompent des mémoires des nains qui s'assiéront plus loin. Je serai le dernier nain à m'accroupir sur ce sentier, je resterai au milieu de ce nulle part à attendre ma disparition, à attendre tranquillement ou fébrilement que ceux qui ont croisé mon chemin m'ensevelissent sous les souvenirs d'autres errants aux pieds lourds.
La toxine cachée du lait, du lait.
Lait frelaté en Chine : 53 000 enfants touchés...
Un accord secret a été signé entre les bambins et les souris.
Les enfants gardent leurs dents de lait en attendant que les rongeurs soient rassurés.
21 septembre 2008
Mais ils sont où ?
Plus de trente années de recherche allaient prendre fin ce soir. J’avais rendez-vous avec Tobias à 23 heures, dans sa caravane, plantée dans un champ de tournesols qui surplombait le Rhône.
Tobias avait autant de flaire qu’il avait le goût de la vodka, et je le retrouvais peu avant l’heure prévue aux pieds de son « chez-lui », la tête baissée, en harmonie complète avec les fleurs de tournesols.
Quelques bouteilles traînaient autour de sa jambe de bois, et de nombreuses mouches embrassaient sa gueule faite de la même matière.
Je savais déjà que je n’aurai droit qu’à peu de minutes de lucidité, et je lançais la question avant toute marque de politesse.
- « Alors, tu les a retrouvés ? »
Tobias acquiesça en éructant et me donna un bout de papier, un clin d’œil et des vapeurs lourdes de mauvais alcool.
L’adresse notée sur le papier m’a conduit dans un pub à quelques kilomètres de chez moi. On cherche toujours trop loin ce qu’il y a à côté.
Je l’ai reconnue tout de suite, son ombre d’abord, sa silhouette et son visage. Elle était assise sur un tabouret, son grand chapeau vissé sur la tête, et toute de rouge vêtue.
Elle s’amusait à empiler des morceaux de sucre, à les déplacer et semblait toujours heureuse de pouvoir jouer avec les rectangles. Je l’accostais sans aucune gène, juste un peu de trac d’approcher une si grande artiste, et passais un long moment à découvrir ce qu’elle avait pu devenir depuis toutes ces décennies.
Après avoir partagé sa longue descente aux enfers qui l’avait conduite de la lumière vers cette scène obscure de ce pub miteux, je lui demandais enfin ce qu’il était advenu de son partenaire de gloire.
Elle m’avait souri, et tout en tremblant, m’expliqua leurs fréquentes et violentes disputes qui les avaient plongés dans toutes les formes d’addictions, jusqu’à leur rupture définitive. La chirurgie esthétique de son ex-partenaire pour recommencer une nouvelle vie, et sa montée en puissance dans sa nouvelle carrière.
- « Vous l’avez vu et entendu mille fois » rajouta-t-elle enfin « il habite à l’Élysée maintenant »
Elle se leva, s’était son tour de chanter, monta sur la petite scène, et me dédicaça sa première chanson, celle des jours anciens, de sa gloire passée.
Je voyais les larmes couler quand elle entama le refrain.
Chapi Chapo
Patapo
Chapo chapi
Patapi
Biribibi
Rabada dada
dada dada !!
Pacha pacho
Pitipo
Pacho pacha
Pitipa
Biribibirabadadida
La, lala lala lalaa lala
La, lala lala lalaa
La lalala lala
Que vivent les marmottes.
Les associations italiennes plus efficaces que celles de notre pays ?
En Italie, une association permet de suspendre l'autorisation de tuer 2000 marmottes dans le nord du pays.
En France, le gouvernement, en toute quiétude annonce la suppression de dizaines de milliers de fonctionnaires.
Franchissons le Rubicon...
20 septembre 2008
Fête de la bière
Fête de la Bière !
Allemagne : 6 millions de personnes en une journée
Darfour : 300 personnes par jour
Quand on a les moyens, ça a de la gueule !
18 septembre 2008
Quand les jouets brûlent
Le foyer brûlait sans chamallows racornis au dessus. Aucunes mains géantes ne tournaient les brochettes sucrées sur le toit de cette fournaise... Seuls les jouets chantaient en se racornissant et se fondant sur les lattes de bois cirées qui propageaient comme une odeur de barbapapa. Les sirènes chantaient en s'approchant, couvrant les cris des enfants et adultes qui s'approchaient, hésitants, sautillants. Non, les cris n'étaient pas de joie, les sirènes des chants hypnotisants, le feu une célébration, les spectateurs n'étaient que des badauds à la vie hésitante. Les jouets quand à eux étaient déjà morts depuis longtemps. Non, c'est juste une maison qui, comme un crématorium géant, ensevelit des enfants sous plastique et des adultes égocentriques. Il ne restera que quelques cendres de jouets et d'os, de plastique et de tragique. Et même pas un chamallow à se faire fondre sur la langue. Drame Francheville (69) 27 juillet 2008






